Environ 80 % de la population mondiale est porteuse du BK virus à l’état latent. Chez les patients immunodéprimés — et plus particulièrement les greffés rénaux — sa réactivation peut conduire à une néphropathie grave, responsable de la perte du greffon dans jusqu’à 60 % des cas en l’absence de prise en charge précoce. La détection rapide et fiable de cette infection est donc un enjeu clinique de premier plan.

Comprendre le BK virus : origines et mécanismes

Le BK virus (BKPyV) est un polyomavirus humain à ADN bicaténaire circulaire, non enveloppé, découvert en 1971. Il appartient à la famille des Polyomaviridae et possède un tropisme particulier pour les cellules tubulaires rénales et l’urothélium. La primo-infection survient le plus souvent au cours de l’enfance, par voie respiratoire ou féco-orale, et se déroule généralement de manière totalement asymptomatique.

Après cette primo-infection, le virus persiste à vie dans l’organisme, en état de latence, principalement dans les cellules épithéliales du tractus urinaire. Chez un individu immunocompétent, le système immunitaire maintient le virus sous contrôle. C’est lorsque cette surveillance immunitaire est compromise — notamment par les traitements immunosuppresseurs prescrits après une transplantation — que le BK virus peut se réactiver et provoquer des complications sévères.

Bon à savoir : La séroprévalence du BK virus atteint 91 % chez les enfants de 5 à 9 ans. La quasi-totalité des adultes sont porteurs du virus, ce qui rend le dépistage post-transplantation indispensable.

Populations à risque : qui doit être dépisté ?

La réactivation du BK virus concerne principalement deux catégories de patients transplantés, pour lesquelles les manifestations cliniques diffèrent sensiblement.

3-10%
Prévalence de la néphropathie chez les greffés rénaux
5-15%
Incidence des cystites hémorragiques chez les greffés de moelle
100 000
Greffes rénales réalisées dans le monde en 2023

Chez les transplantés rénaux, la néphropathie associée au BK virus (BKVAN) survient en moyenne entre le 9e et le 12e mois après la transplantation. L’excès d’immunosuppression constitue le principal facteur de risque, auxquels s’ajoutent l’âge du receveur, le sexe masculin, les épisodes de rejet antérieurs et le degré de mismatch HLA.

Chez les greffés de moelle osseuse, la réactivation du BK virus se manifeste plutôt sous forme de cystite hémorragique, survenant typiquement dans les deux mois suivant la greffe allogénique. Dans les cas les plus sévères, l’hématurie peut entraîner la formation de caillots, une obstruction des voies urinaires, voire une insuffisance rénale aiguë.

Les méthodes de détection du BK virus

Le diagnostic d’une infection à BK virus repose sur un arsenal de techniques complémentaires, dont le choix dépend du contexte clinique, de la rapidité souhaitée et des infrastructures disponibles.

🧬

PCR quantitative (qPCR)

Méthode de référence permettant de quantifier l’ADN viral dans les urines (virurie) et le plasma (virémie). Un seuil plasmatique > 10 000 copies/mL est fortement associé au risque de néphropathie.

🔬

Cytologie urinaire

Recherche de « decoy cells » (cellules leurres) caractérisées par un noyau arrondi à chromatine laquée. Sensibilité de 99 % et spécificité de 95 % pour la détection de la néphropathie à BKV.

🏥

Biopsie rénale

Examen histologique du greffon avec immunohistochimie anti-SV40. Permet un diagnostic de certitude de la BKVAN, mais technique invasive nécessitant une expertise anatomopathologique.

Test rapide UriFastBK

Test LFIA développé par SPyDiag pour détecter le BKPyV directement dans les urines. Solution rapide, simple et accessible, idéale pour un suivi fréquent des patients transplantés.

PCR urinaire vs. PCR plasmatique : comment choisir ?

La virurie (détection du virus dans les urines) précède généralement la virémie (présence dans le sang) de plusieurs semaines. La PCR urinaire offre une sensibilité supérieure et permet donc un dépistage plus précoce de la réactivation virale. Cependant, c’est la PCR plasmatique qui est considérée comme le marqueur le plus prédictif de l’évolution vers une néphropathie à BKV.

Seuil d’alerte : Une charge virale plasmatique supérieure à 10 000 copies/mL (ou 10 000 UI/mL selon le standard OMS) constitue le seuil au-delà duquel le risque de néphropathie à BKV est significativement élevé et justifie une intervention thérapeutique immédiate.

Protocole de surveillance recommandé

Les recommandations de l’AST (American Society of Transplantation) et des sociétés européennes de transplantation définissent un calendrier précis de surveillance post-greffe.

Mois 1 à 9 post-greffe

Dépistage mensuel par PCR quantitative sur le plasma. C’est la période de risque maximal de réactivation du BK virus en raison de l’intensité de l’immunosuppression.

Mois 9 à 24 post-greffe

Dépistage trimestriel par PCR plasmatique. La vigilance reste de mise, la néphropathie à BKV pouvant survenir tardivement.

En cas de virémie détectée

Intensification de la surveillance avec contrôles toutes les 2 semaines. Réduction de l’immunosuppression et évaluation de la fonction rénale par biopsie si nécessaire.

Suivi au long cours

En cas de dysfonction inexpliquée du greffon, recherche systématique du BK virus même au-delà des 2 premières années. Un test négatif unique ne permet pas d’exclure une infection.

Point critique : Le suivi classique par PCR nécessite des infrastructures de laboratoire spécialisées et des délais d’analyse pouvant retarder la prise en charge. C’est dans ce contexte que les innovations comme UriFastBK de SPyDiag prennent tout leur sens, en rendant le diagnostic plus accessible et plus fréquent.

SPyDiag : l’innovation au service du diagnostic

Créée en 2020, SPyDiag est une start-up française en biotechnologie, issue de la recherche des universités de Tours et d’Amiens. L’entreprise développe une approche intégrée de la prise en charge du BK virus, articulée autour de deux programmes complémentaires.

UriFastBK : simplifier le diagnostic

Le test UriFastBK est un dispositif diagnostique rapide basé sur la technologie LFIA (Lateral Flow Immunoassay). Son principe est de détecter la présence du BK virus directement dans un échantillon urinaire, sans nécessiter les infrastructures lourdes de la PCR. L’objectif est double : augmenter la fréquence de dépistage et accélérer la prise de décision clinique, en rendant le suivi réalisable au plus près du patient.

BKNeutrol : vers une immunothérapie ciblée

En parallèle de son volet diagnostic, SPyDiag développe BKNeutrol, un programme d’immunothérapie innovant. Il s’agit d’un anticorps bi-spécifique ciblant la protéine majeure de capside VP1 du BK virus. Ce programme représente un espoir dans un contexte où aucun traitement antiviral spécifique n’est actuellement disponible contre le BK virus.

Découvrez les solutions SPyDiag

Du diagnostic rapide à l’immunothérapie : SPyDiag construit une prise en charge globale du BK virus pour améliorer la qualité de vie des patients transplantés.

Visiter spydiag.com

Prise en charge d’une infection confirmée

En l’absence d’antiviral spécifique approuvé contre le BK virus, la stratégie thérapeutique repose principalement sur la modulation de l’immunosuppression. L’objectif est de restaurer la capacité du système immunitaire à contrôler la réplication virale, tout en maintenant un niveau de protection suffisant contre le rejet du greffon — un équilibre délicat qui nécessite une expertise clinique pointue.

Plusieurs approches peuvent être mises en œuvre : la diminution des doses des immunosuppresseurs, l’arrêt d’une molécule spécifique (comme le mycophénolate), ou le changement de protocole thérapeutique. Dans certains cas, le cidofovir à faible dose a été utilisé avec des résultats variables, malgré sa néphrotoxicité connue. Des techniques comme le dosage ELISPOT permettent d’évaluer la réponse immunitaire spécifique anti-BK et pourraient à l’avenir guider la personnalisation du traitement.

C’est dans ce contexte d’absence de traitement spécifique que le dépistage précoce prend toute son importance : plus l’infection est détectée tôt, plus les chances de contrôler la réplication virale par un simple ajustement de l’immunosuppression sont élevées, sans nécessiter de traitements lourds ni risquer la perte du greffon.

Questions fréquentes sur le BK virus

Retrouvez ci-dessous les réponses aux interrogations les plus courantes sur la détection et la prise en charge du BK virus.

Le BK virus (BKPyV) est un polyomavirus humain à ADN découvert en 1971. Il infecte environ 80 % de la population au cours de l’enfance et persiste à l’état latent dans les cellules rénales et l’urothélium. Il se réactive principalement chez les patients immunodéprimés, en particulier après une greffe rénale ou de moelle osseuse.
La détection repose sur plusieurs méthodes complémentaires : la PCR quantitative (qPCR) sur les urines et le plasma sanguin, la cytologie urinaire avec recherche de « decoy cells », la biopsie rénale avec immunohistochimie SV40, et les tests rapides innovants comme UriFastBK développé par SPyDiag. La qPCR reste la méthode de référence pour quantifier la charge virale.
Le dépistage concerne principalement les patients ayant reçu une greffe rénale (risque de néphropathie à BKV dans 3 à 10 % des cas) et les greffés de moelle osseuse (risque de cystite hémorragique dans 5 à 15 % des cas). Le suivi régulier est recommandé par les sociétés savantes internationales de transplantation.
UriFastBK est un test diagnostique rapide de type LFIA (Lateral Flow Immunoassay) développé par la start-up française SPyDiag, basée à Tours. Il permet de détecter le BK virus directement dans les échantillons urinaires, de façon plus simple et plus rapide que la PCR classique, facilitant ainsi le suivi fréquent des patients greffés.
Les recommandations internationales préconisent un dépistage mensuel par PCR pendant les 9 premiers mois suivant la transplantation, puis tous les 3 mois jusqu’à la fin de la deuxième année. En cas de virémie détectée, la fréquence de surveillance doit être augmentée (toutes les 2 semaines).
Il n’existe actuellement aucun antiviral spécifique approuvé contre le BK virus. La prise en charge repose principalement sur la réduction de l’immunosuppression. SPyDiag développe BKNeutrol, un programme d’immunothérapie basé sur un anticorps bi-spécifique ciblant la protéine VP1 du BK virus, qui pourrait représenter une avancée thérapeutique majeure.
La réactivation est souvent asymptomatique dans ses stades précoces, d’où l’importance du dépistage systématique. Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent inclure une dégradation de la fonction rénale (hausse de la créatinine), une hématurie, des douleurs pelviennes ou des signes de cystite hémorragique chez les greffés de moelle.
La virurie (PCR urinaire) précède généralement la virémie (PCR plasmatique) de plusieurs semaines. La PCR urinaire est plus sensible mais moins spécifique. La PCR plasmatique est considérée comme le marqueur le plus prédictif de la néphropathie à BKV : un seuil supérieur à 10 000 copies/mL est fortement associé à un risque de néphropathie avéré.